28 février 2010

La Pleiade ou l'invention de l'hypertexte...


Depuis longtemps je souhaitais un livre des Éditions de La Pléiade.
Ces petits bouquins épais aux feuilles jaunies et presque transparentes, couvertes de petits caractères et de signes de toutes sortes.
Le Livre par excellence, compilation du texte de l'auteur, de ses biographes, exégèse, commentaires, notes, etc....
A Noël mon voeu fut exaucé, et le tome 2 des oeuvres complètes d'Albert Camus me fut offert.
Après avoir soupesé l'objet sous tous les angles, l'avoir feuilleté, après avoir découvert les maintes rubriques désirées, je décide un peu hésitant de me lancer et "d'attaquer la lecture " de La Peste.
Sur le roman je reviendrai sûrement, mais c'est l'expérience de lecture que je souhaite partager là.
Les pages sont fines, le marque pages est composé de deux cordons de tissu, pourquoi deux?
On le comprends très vite, et la lecture devient un exercice de navigation, plus complexe que sur internet, plus riche, et plus sensuel.
On se prend à lire chaque phrase, chaque mot en y recherchant la référence à une note , un commentaire de Camus, de l'éditeur... quatre cent pages plus loin.
A revenir au texte, à lire une version dactylographiée différentes, à consulter l'origine du nom des personnages, à découvrir pourquoi l'auteur décrit tel monument, quel souvenir il lui inspire.
On comprend vite l'utilité du deuxième marque page, on en vient à regretter qu'il n'y en ait pas plus mais de couleur différentes.
Et le récit prend une deuxième dimension, celle du désir de l'auteur, puis une troisième, celle de la réalité autour de lui qui l'inspire.
Puis une autre et une autre encore.
On fouille, on parcours des milliers de signes, de caractères , on essaye de trouver un sens, on revient au récit , on repart.
On voyage dans le texte, dans la Ville d'Oran, dans l'âme des personnages, leurs liens avec l'Auteur.
On voyage dans l'âme de Camus.
La lecture devient un exercice plus complexe et plus dense .
Plus physique aussi; lire la pléiade couché dans son lit demande une adresse certaine, pour éviter que l'Objet Précieux ne tombe des mains, à force de navigation tout au long des ses différentes parties.
Mais je vous laisse , j'y retourne, ce clavier est trop plat, trop limité.
Ma capacité d'expression aussi.




1 commentaires:

Danielinu a dit…

Et voilà que tu révèles ton chic classique sous la souplesse post-moderne qui te caractérise... si j'avais su, je t'aurais offert un pélaïade avant. Il faut ajouter à cette pléïade le très joli petit livre de José Lenzini chez Actes Sud sur les dernières heures de Camus, finalement un regard sur notre méditerranée.