17 novembre 2008

Le Café du coin



J'écris ces mots au "café" , l'Oasis plus précisément.
Le café du matin au bistrot est un plaisir auquel je ne m'adonne pas assez.
Ici comme dans des milliers de troquets , le lieu à une histoire qui lui est propre, qui lui appartient mais qui appartient aussi à ses clients.
Pour moi l'Oasis est le lieu d'un de mes premiers rendez vous avec Myriam.
Un soir.
L'attente, le trac.
L'excitation, l'espoir.
La certitude naissante qu'avec elle je pourrais être heureux ,
si seulement elle le désirait aussi.


Enfant je me souviens d'après midi ou j'accompagnais mon père au Claridge.
Il y avait ses habitudes; presque tous les jours il rejoignait 3 ou 4 amis et parlait politique, affaires, et probablement d'autres choses aussi.
l'atmosphère enfumée et bruyante, la jovialité des adultes ont du me communiquer mon goût pour les lieux de fêtes, pour les voix fortes, les éclats de rire.

Café Flore ou les deux Magots restent des lieux riches en histoire et pittoresques ou j'aime bien m'attabler pour un café ou un chocolat; Côtoyer des étrangers et des provinciaux en quête de parisianisme est toujours amusant.
Mais la dernière fois j'y ai observé un couple de vieux - de vrais vieux ayant depuis longtemps franchis le cap de s 80 années -Ils lisaient ensemble, le même livre, l'annotaient et discutaient.
En dehors de leur lecture ils ne parlaient d'ailleurs pas, ayant depuis longtemps des automatismes pour partager la tartine de pain Poilane, se passer la confiture, ou avaler leur café par petites gorgées.
C'était un livre au titre comme on en fait plus, épais comme le "Da Vinci code" ou le dernier Plynchon. Usé par des années d'études, de lectures, par l'empreinte de leurs regards.

A Amsterdam, Myriam et moi avons passé une chaude après midi dans un "café brun" à lire - des oeuvres moins ambitieuses.
C'est un beau souvenir en phase avec cette ville aux vitrines chatoyantes, aux canaux majestueux et aux musées, véritables demeures posthumes de peintres flamands.

A Nantes étudiants nous allions finir les nuits "chez Odette", bar à la rép
utation sulfureuse , sur les quais.
La patronne était , d'après la légende, une ancienne pute.
Je me souviens d'elle comme d'une espèce de Zizi jeanmaire, gouailleuse, provocante.
Elle connaissait bien les hommes et leurs "points faibles".

A Marseille, "chez Toche" face au lycée Thiers abritait nos angoisses de "post-adolescents- écrasés par Maths sup et la compétition pour l'avenir.

Tous ces lieux vivent et nous aident à vivre, à échanger , à se réconforter.
Réfléchissez quelques minutes et donnez moi vos adresses, vos cafés, vos tranches de vie.